Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 589

disposition des annales bien en ordre, pour ces époques reculées aux-
quelles on faisait remonter les origines de l'Egypte. Les documents
auxquels ils auront eu recours, ce sont les vieux sanctuaires et
les tombes que le roi faisait restaurer. Ils auront lu sur les tablettes
qui s'y trouvaient, sur les vases, et sur un grand nombre d'objets
qui ont péri depuis, les noms de ces mêmes rois dont la tradition
leur donnait la suite. Dans ces conditions, on se demande quelle rai-
son ces scribes pouvaient avoir pour ne pas commencer par le pre-
mier, pour ne pas mettre en tète de leur liste celui qui était considéré
comme le plus ancien roi historique. Si des princes précédents avaient
eu à Abydos leurs sanctuaires ou leurs tombeaux, on ne saisit pas pour
quel motif on les aurait passés sous silence' ». Pour M. Naville, les
monuments rencontrés à Om el-Ga'ab sont des sanctuaires, et non pas
des tombes, aux noms des anciens rois : « M. Amélineau, il est vrai,
nous parle de squelettes qu'il y a trouvés; mais, en regard de tant
d'objets de nature variée, lorsque, suivant M. Pétrie, on pénètre dans
des chambres intactes, comment se fait-il que les débris du mort, les
ossements soient en si petite quantité s » ?

Il faut espérer que M. Naville, après avoir lu le volume précédent, ne
trouvera plus que les ossements étaient en si petite quantité, puisque
sur les 81 tombes fouillées en la troisième année et qui environnaient
celle d'Osiris, il y avait des ossements ou des cercueils dans presque
toutes. Par conséquent, si M. Pétrie affirme que les ossements étaient
rares, c'est une erreur de sa part, et une preuve qu'il n'a pas fouillé
aussi méthodiquement que le croit M. Naville. En outre, M. Naville
confond les tombes royales et les tombes particulières : les premières
étaient composées d'une série d'appartements divers, de greniers, etc.;
les autres ne consistaient qu'en une seule chambre, à peu près comme
dans la vie réelle. Or, on ne pouvait évidemment trouver des squelettes
dans celles des chambres de la tombe royale qui étaient spécialement
consacrées aux approvisionnements royaux. De là vient que pour une
tombe royale comprenant plusieurs appartements on ne trouvait d'os-

1. tbiâ., p. 4.

2. lbid., p. 2.
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