Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 591

ne restera bientôt plus rien. Par conséquent, qui peut affirmer à M. Na-
villeque les auteurs de la liste d'Abydos n'ont pas agi comme devait
agir Manéthon? Personne. Par conséquent, quand on trouve de nouveaux
noms de rois que l'on ne connaît pas, que l'on ne sait où placer, la peine
que l'on prend pour les identifier le montre assez, car cette peine reste
sans succès, la première chose que l'on doit faire, ce me semble, est de
recourir aux listes officielles, de voir si ces noms se trouvent dans ces
listes, et, s ils ne s'y trouvent pas, on peut bien penser, sans s'attirer les
foudres de ceux qui pensent autrement, que ce sont les noms des rois que
Manéthon n'a pas crus dignes d'entrer dans son canon. Car enfin, si
Menés est le premier roi historique, il faut bien se dire qu'il y en a eu
d'autres avant lui, et si quelqu'un doit connaître l'histoire égyptienne,
ce sont les Égyptiens eux-mêmes, bien qu'ils se fissent de l'histoire
une autre idée que celle que nous nous en faisons. Enfin L'uniformité
des tombes — sont elles aussi uniformes que M. Navilie veut bien le
dire? —est une preuve, avec leur simplicité, qu'elles sontanciennes,que
la maison humaine à l'époque qu'elles représentent, était aussi simple
que possible, quoique celles des riches et des rois se distinguassent déjà
par une recherche artistique. L'idée de bâtir sa tombe avant sa mort
n'est pas tellement inouïe en Egypte que M. Navilie ne puisse la retrou-
ver et, quoique j'aie été peut-être le premier à m'élever contre lagénéra-
lité absolue du cas il y a eu cependant certaines tombes qui ont été
entièrement bâties, ou partiellement, avant la mort de l'occupant'.

La thèse générale de M. Navilie me semble donc mal assise et peu
conforme à la réalité. Les tombes d'Abydos étaient bien des tombes
royales, appartenant à deux catégories, et non des sanctuaires où l'on
rendait hommage à un dieu, ou plutôt elles étaient à la fois l'un et
l'autre, et il faut renoncer à l'espoir de retrouver les tombes de ces
anciens rois ailleurs qu'à Om el Ga'ab, puisqu'on les a déjà rencontrées.
Je passe maintenant aux détails. Je suis tout à fait de l'avis de M. Na-
vilie lorsqu'il dit que certains mots gravés sur des vases comme -^-j^,

1, E. A.mélînéHU| Histoire générale de la sépulture et des funérailles en Egypte, I,
p. 50-55 et sqq.

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