Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 611

insister sur cette conjecture, on agira prudemment si l'on admet que le
tombeau d'Osiris des dynasties thébaines a pu être à l'origine le tom-
beau d'un souverain des dynasties thinites1 ».

M. Pétrie, ayant eu connaissance de la théorie de M. Maspero, ne l'a
pas discutée et l'a adoptée du premier coup : il en a trouvé des preuves
dans l'examen du tombeau que j'attribue à Osiris et dans les objets rencon-
trés, soit dans les tombes environnantes, soit dans les décombres de la
grande colline. 11 s'exprime à ce sujet sans aucune ambiguïté. Voici ses
paroles : « Une grande impulsion fut donnée aux offrandes par l'adop-
tion de l'une des tombes royales, celle du roi Zer, comme cénotaphe
d'Osiris. Celui en granit placé dans le tombeau le fut probablement
sous la XXVIe dynastie, ou môme sous une dynastie postérieure; mais
sous la XVIIIe dynastie le site avait été adopté comme le foyer de l'ado-
ration d'Osiris, les premières poteries entassées sur cette tombe étant
les jarres peintes en bleu qui furent en usage sous Aménophis II ou
Ainénophis III. Les offrandes les plus tardives sont dues principale-
ment aux dynasties qui vont de la XXIIe à la XXVe, durant lesquelles
un tas énorme de jarres brisées fut accumulé sur cette tombe. Sous
la XXVIe dynastie, une chapelle y fut bâtie par Haabra (Apriès), et un
montant de porte en fut trouvé dans la tombe de Merneit, jeté au
hasard comme les fragments de la bière d'Osiris, que nous trouvâmes,
un chez Azab et l'autre un peu plus loin au sud. Sous Amasis le prince
Pefzaouneit y fit une construction ; mais l'intérêt qu'on prenait au site
s'étiola sous les Perses, et à l'exception de quelques fragments de po-
terie romaine et de verre, on n'y trouve plus rien après ce temps8 ».
Ces paroles sont tirées du premier volume de M. Pétrie sur les tombes
royales de la première dynastie; dans le second M. Pétrie n'a pas
renié son système, car il écrit : « La tombe du roi Zer-Ta a une impor-

1. Cf. Compte rendu des séances de VAcadémie des Inscriptions et Jielles-Lettres,
avril 1898.

2. Pl. Pétrie : The royal tombs of the first dynasty, part. 1, p. 7. Le lecteur sera sans
doute étonné de quelques expressions qui se trouvent dans ma traduction, et cependant
j'ai pris garde de n'employer que des termes compréhensibles. M. Pétrie n'y attache pas
autanl d'importance et il a un style extraordinaire : je suis tout à l'ait de l'avis de M. de

Bissing à ce sujet.
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