Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 615
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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 615

J'ai fait observer de plus qu'il était inouï qu'on eût jamais trouvé, dans
une tombe qui n'était pas la sienne, un monument quelconque en l'hon-
neur de tel ou tel défunt, que par conséquent la trouvaille du lit d'Osiris
dans le tombeau qui m'occupe était un fait suffisant à lui seul pour
prouver que le tombeau était bien celui d'Osiris, que cet Osiris eût ou non
existé réellement, ce qui est une question tout à fait à part. On n'a pas
même essayé de réfuter cette preuve, on s'est borné à dire ou que je
raisonnais mal ou que ma monographie du tombeau d'Osiris ne valait
rien du tout : c'est commode et expéditif, mais est-ce bien juste? est-ce
bien scientifique? ne serait-ce point au contraire un exemple illustre
d'illogisme? Ce lit d'Osiris a eu une fortune singulière : après avoir été
classé, comme je l'ai dit, parmi les monuments de la XXVI" dynastie
au musée de Gizeh, assigné à cette même dynastie par des hommes qui
se sont cependant occupés d'archéologie égyptienne, M. Pétrie et
M. Maspero1, après avoir été appelé cénotaphe par M. Loret et bière ou
cercueil par M. Pétrie, on revient maintenant au nom que je lui ai donné
tout d'abord, à celui de lit dont le monument a la forme, lit de granit
sur lequel Osiris est étendu sous forme de momie. Il est évident en effet
que ce ne peut être un cénotaphe, puisque le monument est plein et
que le propre d'un tombeau, même vide, ou cénotaphe, est d'être apte à
recevoir un cercueil, c'est-à-dire creux. De même, il est tout aussi abusif
de l'appeler bière ou cercueil] puisquele propre du cercueil est aussi d'être
apte à recevoir un cadavre, c'est-à-dire d'être creux. Ce serait sans doute
trop demander à M. Pétrie et à M. Loret d'employer des expressions
exactes, quoiqu'il semble que dans ce cas la chose eût été si facile;
mais un auteur qui se respecte, qui ne vise pas avant tout à rejeter une
expression parce qu'elle a été employée avant lui par quelqu'un qu'il
regarde comme un adversaire, doit employer des termes qui donnent
aussi exactement que possible l'idée du monument ou de la chose dont
il s'agit.

Ce lit donc, après avoir été rangé parmi les monuments de la
XXVIe dynastie par M. Daressy qui le mit en place au musée de Gizeh,

1. M. Maspero avait daus la séauce du 22 avril assigné la XXVIe dynastie, comme celle
à laquelle ou devait ['attribuer.

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