Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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616 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

par M. GrofF qui en fit un monument encore plus tardif et par M. Pétrie
qui a accepté, sans le nommer selon son habitude, les conclusions de
M. GrofF, a été étudié postérieurement par M. Daressy lequel est revenu
sur son premier sentiment et l'a attribué à la XIIIe dynastie1, arrivant
ainsi à peu près aux mômes conclusions que la réflexion avait suggérées
à M. Maspero. Pour moi, je ne saurais suivre M. Daresssy dans sa pali-
nodie; j'ai toujours soutenu et je soutiens encore que le monument est
d'une époque encore plus reculée, de l'Ancien Empire, et que les hiéro-
glyphes gravés sur le pourtour sont une inscription du monument par
un roi quelconque dont le nom a été soigneusement martelé, mais dont
les hiéroglyphes rappellent ceux de la XIIe dynastie. Je crois, comme
M. Maspero dont les paroles sont assez obscures, car on ne sait ce
qu'il entend par reculer, si ce recul doit s'étendre jusqu'à la XVIIIedy-
nastie ou jusqu'à la XIIe, je crois, dis-je, qu'on pourrait trouver un point
de repère dans la forme du protocole royal qui me semble de la
XVIIIe dynastie; mais je diffère de lui en ce que j'attribue le protocole
à un usurpateur, tandis que lui en fait le protocole du dédicateur. Il n'y
a qu'à examiner le monument en détail, ce que mes contradicteurs ont
tous négligé de faire, pour voir que le style de l'œuvre est un style
archaïque, que notamment les deux tètes de lions à l'avant sont traitées
de façon primitive, qu'on s'en est tenu à la seule ligne et que cette
simple ligne produit un effet superbe de grandeur majestueuse. De
plus, l'un des deux insignes que tient d'Osiris, le fouet, est fait d'une
manière que l'on ne connaissait pas encore et qui rappelle les fouets
en usage sous l'Ancien Empire ; il est même plus primitif encore et
vient sans doute d'un modèle qui n'était plus en usage à l'époque des
Pyramides. Aussi je regarde comme nulles les objections qui ont été
faites de ce chef et je m'en tiens à ma première opinion. Le lecteur va
voir d'ailleurs que, contrairement à l'opinion de M. Pétrie, les monu-
ments du culte d'Osiris datant d'avant la XVIIIe dynastie ne sont pas
si rares qu'il le dit.

Tout d'abord M. Pétrie affirme que les jarres peintes en bleu sont les

1. Dans le Recueil des monuments de M. Maspero, XX« aunée, lirage à part.
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