Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 617
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1905bd3_2/0268
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 617

poteries les plus anciennes que l'on ait trouvées au dessus de la tombe
d'Osiris, et que ces poteries datent des règnes des Aménophis II et III;
dans son second volume il ne parle plus que d'Aménophis III. Je ne
sais pas sur quoi se fonde M. Pétrie pour attribuer au règne de l'un ou
de l'autre de ces Aménophis les vases en question, comme celui repré-
senté à gauche de la rangée inférieure de la planche II du premier
volume de cet ouvrage (celui-ci notamment fut découvert dans l'un des
puits qui se trouvent à l'ouest de la Schoiuiel ez-Zeblb, et était certai-
nement postérieur à la XVIIIe dynastie), ou comme ceux représentés à
la planche XXXIII du troisième volume, numéros 5 et 6, qui furent ren-
contrés dans les décombres de la grande colline sans aucune inscription
permettant de les dater. Mais ce que je sais bien, c'est que M. Pétrie a
bien vu les petits vasés en terre grossière rouge qui étaient par millions
en cet endroit et qu'il commet une erreur monstrueuse et voulue en
disant qu'ils ne datent pas d'avant la XVIIIe dynastie. Le lecteur les trou-
vera représentés à la planche XII du premier volume à la rangée supé-
rieure — ce sont les cinq premiers à gauche — et à la planche XXXII du
troisième volume, numéros 5 et 8. Ces vases étaient déjà en usage sous
la III" dynastie et M. de Morgan en a trouvé des milliers d'exemplaires
dans des tombeaux datant du règne de Snéfrou. M. de Morgan en donne
des dessins dans ses Fouilles h Daschour1 et j'en ai vu moi-même des
milliers épars sur le sol dans cette partie de la nécropole de Daschour.
Est-ce que M. Pétrie ne les connaîtrait pas ? Il a alors perdu une belle
occasion de s'instruire. On voit dès lors quelle confiance on peut accor-
der aux assertions d'un auteur qui se refuse à prendre en considération
les travaux et les trouvailles de ses émules, qui ne veut connaître que
les monuments qu'il a découverts personnellement et qui ne connaît
l'histoire d'Égypte que d'après ses propres ouvrages. Puisqne M. Pétrie
a parlé de crimes que j'ai commis, en voilà bien un qui est autrement
répréhensible et odieux que celui dont il m'accuse : de propos délibéré,
il induit sciemment ses lecteurs en erreur, lorsqu'il lui serait si facile
de leur donner des notions justes en se reportant aux ouvrages des

1. Dp Morgan : Fouilles îi Dahsehour, 1894, p. 13-14.
loading ...