Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 621
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1905bd3_2/0272
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 621

à la V" dynastie dans cette colline, la première de toutes celles qui
s'échelonnaient vers la tombe centrale de la grande colline. Si cette
tombe appartenait à la Ve dynastie, si elle était placée dans cette colline
où plus tard on enfouit des objets que l'on voulait sinon offrir à Osiris,
du moins placer tout près d'Osiris, — M. Pétrie l'avoue lui-même, —
c'est sans doute que le propriétaire de la tombe voulait avoir son tom-
beau près d'Osiris, car ce n'est pas là l'emplacement des tombes de
l'Ancien Empire dans la nécropole d'Abydos. Si l'on avait cette idée à
Abydos dès la Ve dynastie, c'est donc que l'on rendait déjà un culte à
Osiris et que son tombeau était dès lors honoré, qu'il était reconnu
comme étant à Om el-Ga'ab.

Mais y avait-il bien une tombe en cet endroit? Dans le premier pas-
sage que j'ai cité, M. Pétrie a affirmé qu'on n'a trouvé en cet endroit
aucune sépulture humaine; comment peut-il donc à la fin de son volume
écrire qu'on y a rencontré des restes du mastaba appartenant à un indi-
vidu appelé Emzaza?Le fait est qu'il n'y avait aucune tombe en cette
première butte. S'il eût existé un mastaba, le plus petit des mastabas
sculptés, comme dit M. Pétrie, ces restes auraient été visibles et je
les eusse découverts parce qu'ils n'auraient pas pu m'échapper : ils
eussent en effet occupé un espace qui n'aurait pas été moindre que
trois ou quatre mètres, et comme je fis fouiller de fond en comble cette
première butte, que j'en fis ramasser soigneusement tous les objets
qu'on y trouva, il aurait été complètement impossible qu'un tombeau de
cette grandeur, de la moindre qu'on puisse imaginer, m'échappât. Par
conséquent, c'est la première phrase de M Pétrie qui répond à la réa-
lité. Et puis quelle vraisemblance que les Égyptiens de la XVIIIe dy-
nastie prissent la tombe de l'individu Emzaza pour une tombe royale ? Il
aur&it fallu qu'ils fussent aussi aveugles qu'inintelligents, qu'ils ne con-
nussent ni leur histoire, ni leurs coutumes,ni leur écriture, car les hié-
roglyphes de la Ve dynastie ne ressemblent guère aux hiéroglyphes
trouvés sur les stèles des tombes royales d'Abydos. Ilest vrai que M. Pé-
trie est là qui voit les erreurs des Egyptiens de la XIXe dynastie et qui les
corrige, et c'est fort heureux pour l'histoire telle qu'il la comprend, car
il est entendu que les Egyptiens ont commis des bévues et que l'archéo-
loading ...