Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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Au fond la méthode de M. Pétrie n'est pas nouvelle et ne lui est pas
propre : elle consiste dans l'accumulation des peut-être, probablement,
il semble, il parait dans les prémisses de son raisonnement, puis à con-
clure avec des il est certain, il est évident. Ce n'est pas avec une mé-
thode semblable qu'on force les adhésions.

Il est parti d'un point départ faux, et il a suivi le chemin qu'il s'était
tracé malgré quelques anicroches. Ce point de départ est que les tombes
allaient d'est en ouest : elles n'allaient pas d'est en ouest, elles rayon-
naient autour de la tombe centrale de la grande colline, laquelle n'était
pas celle de Zer-ta, comme le dit M. Pétrie, mais celle d'Osiris. Il n'y a
plus moyen de le contester à l'heure actuelle après les preuves que j'en
ai fournies. Et cette tombe existait non seulement depuis la XVIII' dy-
nastie, mais depuis la XIIe, mais depuis la Ve, mais depuis les
dynasties les plus anciennement connues, puisque les poteries les
plus anciennes se sont trouvées à Om el-Ga'ab, comme au-dessus des
tombes des officiers de Snefrou à Dahchour, et que d'autres ont fait
leur apparition qu'on ne connaissait pas encore. 11 est vrai que M. Pé-
trie nomme ces poteries égéennes et mycéniennes; mais ce ne sont
là que des mots qui n'ont d'autre valeur que celle de servir à M. Pétrie
pour exprimer ce genre de poteries, car elles ne répondent à aucun des
faits qu'il voudrait en établir. M. Pétrie a pris ses précautions en niant
que la première butte, celle qu'il appelle colline de Hcqreschou eût
aucun rapport avec la nécropole royale; elle n'en avait pas en elfet avec
la nécropole royale qui n'existait pas comme telle, mais elle en avait,
et fort étroitement, avec la nécropole divine, ou d'Osiris, et elle n'était
pas le dernier terme du culte rendu à Osiris, témoin le petit temple de
l'Ouest pour employer les expressions de Mariette. Il n'est donc pas
étonnant que ce faux point de départ ait mené M. Pétrie dans une voie
tout opposée à celle de la réalité. Si, en effet, les tombes royales, car il y
en a, rayonnaient autour de la tombe d'Osiris, il faut croire, au contraire
de M. Pétrie, que les plus rapprochées de la tombe d'Osiris étaient
celles des rois les plus anciens, il faut changer la manière de supputer
l'ancienneté des rois; à l'est de la tombe centrale, il faut juger de cette
ancienneté en sens inverse de la position des tombes, et du côté ouest il

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