Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 983

lement vécu a suffi pour soulever dans le petit monde de l'égyptologie
et dans le monde officiel de l'histoire des religions une réprobation
quasi universelle. Cependant je n'ai été ni le premier, ni par consé-
quent le seul à jeter cette idée dans la circulation, du moins pour Osi-
ris, car j'ai lu dans le Bàdeker allemand traduit en français que l'exis-
tence d'Osiris était certaine, certaine tout au moins aux yeux de railleur1.
Il est vrai que cette opinion particulière n'avait soulevé aucune objec-
tion, peut-être parce qu'on n'y a accordé aucune attention, car les gens
du métier se donnent bien garde de lire les guides que font leurs con-
frères, mais vraisemblablement parce qu'elle n'était étayée d'aucune
preuve; lorsqu'au contraire j'ai décrit que j'avais trouvé le tombeau
d'Osiris, et même la châsse dans laquelle était conservé le chef d'Osi-
ris, alors on s'esl ému de tous les côtés, on s'est évertué à me prouver
que le prétendu tombeau d'Osiris n'était qu'une usurpation faite, selon
l'un de mes adversaires, sous l'Ancien Empire, selon un autre, devant
être retardée jusqu'à la XVIIIe dynastie; que la châsse d'Osiris n'était
qu'une devanture fermant les chambres devant lesquelles elle se trou-
vait, et que le crâne rencontré, quand même il aurait été celui d'un
homme, n'aurait pu être qu'une fausse relique que les prêtres égyptiens
avaient proposée à l'adoration des fidèles crédules. Si l'on adoptait en
effet mes idées, c'était une révolution dans la manière de comprendre
la genèse de la religion et des Dieux, et cependant des auteurs célèbres
comme Herbert Spencer, avaient soutenu la même opinion, à savoir que
les Dieux primitivement et en partie avaient du leur déification à la re-
connaissance de leurs descendants, et que c'est dans le culte des
ancêtres qu'il fallait chercher l'origine du panthéon. Sans avoir malheu-
reusement jamais lu les ouvrages de Herbert Spencer, j'ai soutenu une
opinion identique pour l'Egypte et son panthéon, car j'ai observé que le
culte des ancêtres était le seul pratiqué en Egypte comme il l'est en
Chine encore actuellement. On n'a pas manqué de crier à l'evhémé-
risme et au scandale, à déplorer qu'à la fin du xixe siècle un esprit fût
assez attardé pour en rester encore aux idées des pères de l'Eglise.

1. C'est, je crois, M Steiudorf, qui a fait cette édition du Guide Bàdeker.
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