Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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696 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

terre, alors qu'il n'y avait pas d'hommes, alors que n'étaient pas nés
les dieux, alors que n'était pas la mort' ». Si je voulais m'appuyer sur ce
texte, il me serait sans doute facile de montrer que dans l'esprit de
l'auteur de ces paroles, il fallait un ciel pour qu'il y eût une terre; une
terre pour qu'il y eût des hommes ; des hommes pour que naquissent
des dieux qui ne pouvaient le devenir qu'après la mort. Si je raisonnais
ainsi, je ne vois pas trop ce qu'on pourrait avoir à reprendre dans mon
raisonnement; mais je ne suis pas obligé de tirer ces déductions les
unes des autres parce que l'auteur de ces textes s'est chargé de le dire
lui-même. En effet, dans un autre passage des textes contenus dans cette
pyramide, il est expressément question de dieux qui ont été déifiés.
Déifiés par qui? Apparemment par les hommes et par les hommes qui

leur avaient survécu dans la vie. Voici le second texte : ^

c'est-à-dire, selon la traduction de M. Maspero et le texte est si clair
qu'il ne permet pas d'aller à côté : « Ton fils Horus, celui auquel tu
as donné naissance, ne place pas ce Pépi parmi les morts, il le place
parmi les dieux divinisés' ». Les Égyptiens connaissaient donc des dieux
qui étaient devenus dieux, et ces dieux l'étaient devenus après la mort
parce qu'ils avaient rempli de hautes fonctions sur la terre qui les pré-
disposaient à être les protecteurs de l'Egypte à un titre quelconque.
Mais nous n'avons ici que le plus haut rang de ces protecteurs célestes,
il y en avait d'autres pour chaque division de l'Egypte, pour chaque
ville, pourchaque village du nome, pourchaque famille. Chaque famille
rendait un culte à celui qui l'avait fondée et à chacun de ceux qui, l'ayant
propagée, s'étaient endormis dans la mort apparente ; chaque village ho-
norait spécialement son fondateur et les hauts personnages de ce petit
milieu qui l'avaient fait subsister : ces personnages emportaient dans

1. Pyramide de Pépi I", 1. 664. Cf. dépi II, 1. 1229 et seqq.

2. Ibid., 1. 190-191. Le texte ajoute : Ils le voient puissant dans l'acte de dominer :

. ; c'est à cause de cette puis-
sance qu'ils ne lui résistent pas, mais se soumettent, ce qui implique bien l'idée de résis-
tance dont j'ai parlé.
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