Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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saient alors à l'autre face restée brute et qu'ils retouchaient ensuite en
partant même du cortex. Ceci cadre bien avec ce fait que m'a rapporté
M. Amélineau. Il put un jour reconnaître, sur la face d'un bloc assez
volumineux de silex, un grand couteau qui y avait été taillé soigneu-
sement.

Il aurait suffi pour l'avoir de détacher cette surface ainsi bien retou-
chée. C'est évidemment ce que se proposaient de faire les tailleurs de
silex égyptiens après avoir employé pourcette taille un procédé différent
de celui indiqué ci-dessus, dans lequel la malière première n'était pas
un bloc comme dans ce cas. mais une plaquette. M. Amélineau ne put
pas emporter ce bloc à cause de son trop gros volume.

C'est en somme le même procédé que celui mis en œuvre pour la
fabrication des belles lames néolithiques qu'on trouve dans les mobiliers
dolméniques et dont le dos était retouché sur le nucléus avant que la
lame en lût détachée d'un seul coup.

Enfin sur la figure 20, on peut voir une portion de couteau, la base
probablement, presque complètement terminée avec les larges retouches
du milieu de la pièce et celles beaucoup plus fines des bords ; un coup
malheureux a dû briser la pièce. En haut et à gauche de la figure, sur le
bord, on peut voir les retouches multiples qui ont dû être le point de
départ de l'accident.

Les spécimens du genre de ceux dont je viens de parler sont nom-
breux et rendent la démonstration très nette. 11 est évident que ces
beaux couteaux étaient fabriqués sur place, probablement à côté et en
dehors du tombeau et ensuite déposés dans les salles funéraires. Dans
une seule salle, M. Amélineau a recueilli 550 silex ou éclats.)

Mais comme le tombeau a été violé et bouleversé de fond en comble
par les moines coptes du vie siècle, il n'est pas étonnant que les débris
de silex, les déchets et rebuts de fabrication provenant de la taille des
couteaux, aient pu être apportés du voisinage du tombeau où ils se
trouvaient précédemment ou encore précipités avec des décombres de
tous genres dans le tombeau au moment ou, après l'avoir violé, les
dévastateurs remblayaient les cavités qu'ils avaient dû creuser. C'est en
effet le seul moyen d'expliquer la présence simultanée dans les salles
funéraires des beaux couteaux et des pointes de flèches, véritables
œuvres d'art et en même temps de ces informes déliris de taille. Ces
belles pièces étaient donc fabriquées dans le voisinage des tombeaux,
puis apportées pour y être déposées comme pièces votives.

Parmi les débris de silex, il existe quelques pièces qui méritent d'être
signalées. Certaines (v. fig. 21) sont des lames enlevées sur l'angle du

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