Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

n'a aucun caractère infantile; les os sont complètement développés; à la
face interne du crâne la suture coronale commence même à à se souder,
sans que rien puisse faire soupçonner que cette synostose ait été préma-
turée. Cependant je dois signaler une épaisseur des os du crâne nette-
ment supérieure à la moyenne. Ce crâne très petit a donc appartenu à un
adulte.

Ce premier point établi, il nous reste encore plusieurs problèmes à
résoudre. Trois types d'individus peuvent avoir un crâne petit : des
hommes de taille normale, mais microcéphales, des hommes très petits
et des femmes. Ce crâne a, il est vrai, le frontal très étroit et les bosses
frontales très rapprochées. Cependant il n'a pas appartenu à un micro-
céphale de taille normale, car les insertions musculaires sont très
faibles, les apophyses mastoïdes très petites, les apophyses frontales
externes très grêles, et le rebord orbitaire mince et fragile.

Reste le dernier problème que nous avons posé : est-ce une femme ou
un homme très petit, très faible, au cerveau peu volumineux, en un mot
un nain à peu près bien proportionné? Il me paraît impossible de lui don-
ner actuellement une solution catégorique, mais si la certitude absolue
est rare en science, il est permis de rechercher les opinions les plus
probables. Or dans l'alternative qui se présente à nous il y a un cas
rare, c'est celui d'un nain bien constitué, ne portant aucune trace patho-
logique sur sa voûte crânienne. Nous avons vu que tel est bien le cas
du crâne d'Osiris : il a les bosses pariétales un peu saillantes, mais
c'est manifestement un caractère de race qui le rapproche du groupe
des crânes pentagonaux et l'épaississement que j'ai signalé plus haut
n'est pas assez considérable pour prendre un caractère pathologique. Il
se présente d'ailleurs plus souvent chez la femme que chez l'homme.
Nous sommes donc en droit d'émettre la conclusion suivante : Le crâne
« d'Osiris » a très probablement appartenu à une femme.

Nota. —J'accepte en toute confiance le verdict de M. le D' Papillault.
Je me permettrai seulement de faire observer que j'avais constaté moi-
même la petitesse du crâne et sa déprimation aux tempes : le tvpe ordi-
naire d'Osiris dans les statues soignées est conforme à ces observations,
et on le peut observer surtout dans la tète de la statue étendue sur le
lit funèbre d'Osiris. J'avais demandé au Musée du Caire de m'envoyer
une photographie de la tête d'Osiris faisant valoir ce détail; on me l'a
promise, mais on s'en est tenu à la promesse, car, depuis deux ans envi-
ron qu'a eu lieu ma demande, je n'ai reçu aucune photographie, et ce-
pendant il serait bien intéressant de constater ce point particulier.

E. A.
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