Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 1.1800 [1801] [Cigognara Nr. 3401-1]

Seite: 24
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1801/0051
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( H )

gens de loi,dont le bizarre costume semble encore fâirë
partie de ce travestissement.

Les scènes varient dans cette ville singulière , à cha-
que instant du jour ; elles reçoivent, la nuit, aux flam-
beaux ou par de vives illuminations , les effets les plus
piquans; et ces contrastes singuliers, souvent repro-
duits aux jeux des artistes , ne contribuent pas peu à
leur inspirer ce penchant au clair-obscur et à l'opposi-
tion des tons de couleur qui caractérisent particulière-
ment l'école de Venise, et surtout les ouvrages de Paul
Véronèse , du Tintoret, etc.

Ce mouvement, ces lumières, leur réflexion dans leâ
eaux du canal, la mélodie dés concerts flatteurs qui s'y
font entendre, saisissent, en arrivant, l'étranger par
tous les sens ; la ville n'est pour lui qu'un théâtre im-
mense décoré avec magnificence, et où les scènes les
plus neuves et les plus amusantes naissent, prennent
leur développementet se succèdent avec une rapidité
qui lui laisse à peine le temps d'en jouir.

Italiens, Turcs, Grecs , Juifs, Africains , tous attirés
par le commerce et les sequins surtout, y peuplent les
ports et les canaux, les rues et les places , et sont tour-
à-tour acteurs et spectateurs, dans cette singulière co-
médie , dont le théâtre de Goldoni n'est que la traduc-
tion faite sur la nature.

Les peintres de décoration , les comédiens, les char-
latans abondent et excellent dans cette ville. On sait
bien que les autres villes d'Europe offrent aussi beau-
coup de ces derniers; mais ils n'y font pas toujours leurs
affaires sur la grande place, et n'y sont pas en générai
aussi amusans.

L. G.
loading ...