Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 1.1800 [1801] [Cigognara Nr. 3401-1]

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être jamais sorti de son pays. En effet, sans autre secours
que celui de son génie et d'un travail assidu, il mit dans
ses ouvrages un grand goût de dessin ^ une noble sim-
plicité , une grâce majestueuse, des,expressions admi-
rables ; il excella surtout dans l'art de jeter les draperies,
et porta la peinture à un tel point de perfection, que l'on
pourrait dire , en quelque sorte, que le génie sublime
de Raphaël, dont il semble avoir suivi les traces, était
venu animer son pinceau. Ainsi que Raphaël , le Sueur
âvait cette candeur, cette simplicité de caractère qui
donne un si grand prix aux talens éminens. Passionné
pour son art, trop appliqué à l'étude , chagriné , persé-
cuté, dit-on, par un émule envieux et puissant (*), il mou-
rut, ainsi que Raphaël , avant l'âge où les artistes ont
porté leurs talens au degré de perfection qui leur est
destiné.

Le Sueur a trop peu vécu pour l'art (**), mais assez
pour sa propre gloire, puisqu'il a laissé de nombreux
ouvrages qui , tous , portent l'empreinte d'un génie
sublime , et le placent au premier rang dans l'école
française.

(*) Le Brun , premier peintre de Louis XIV.

(**) Le Sueur mourut au mois de mai i655 , et sa sépulture est
à Saint-Etienne-du-Mont. Le tableau de la Messe de S. Martin
u'ayait point encore été gravé.
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