Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 1.1800 [1801] [Cigognara Nr. 3401-1]

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On peut dire que cet homme célèbre reçut, en naissant,
le goût, le génie de la peinture ; qu'il a surpassé tous
ceux qui l'ont précédé, et qu'il n'a point eu d'égal parmi
ceux qui l'ont suivi. Il est, de tous les peintres, celui
qui a le plus approché de la perfection.Fils d'un artiste
médiocre qui le plaça fort jeune à l'école du Pérugin, il
devint bientôt l'égal de son maître, et le quitta pour
puiser les beautés et les richesses de l'art dans les chef-
d'œuvres des plus grands peintres. Il étudia, à Florence,
les fameux cartons de Léonard de Vinci et de Michel-
Ange. A la vue des peintures que ce dernier exécuta dans
une chapelle à Rome, Raphaël changea toul-à-coup de
manière , et se livra à l'étude de l'antique et de la belle
nature. Le pape Jules II lui confia la décoration du Va-
tican qu'il orna de peintures à fresque. On remarque,
dans tous ses ouvrages, un génie fécond , une composi-
tion simple et sublime, des expressions admirables»
Raphaël est inférieur au Titien , pour le coloris ; à Mi-
chel-Ange, pour la fierté du dessiu 5 son pinceau n'est
pas aussi moelleux que celui du Corrège ;mais il posséda
à un degré éminent toutes les parties cle l'art 5 et, de
même que le divin Apelle , il eut cette grâce qui sait
tout embellir, ce don céleste que la nature n'accorde
qu'à un petit nombre de favoris.

Raphaël a formé beaucoup d'élèves. On distingue,
entre autres, Jules-Romain , Polydore de Caravage ,
Pelegrin de Modène5Perrin delVaga, et Jean-François
jPenni.
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