Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 1.1800 [1801] [Cigognara Nr. 3401-1]

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ïpidité, il eut la douleur de voir, dans sa vieillesse, ses
tableaux peu recherchés des connaisseurs. Enfin, pour-
suivi par ses créanciers, abandonné par ses prétendus
amis , il mourut en 1642 , âgé de 67 ans.

Dans ses jours de prospérité , flatté des honneurs et
des marques de considération que lui attiraient ses ta-
lens, le Guide affectait, comme peintre, une ostentation
particulière. Vêtu magnifiquement, accompagné de ses
élèves, qui, rangés autour de lui en silence, préparaient
sa palette , nettoyaient ses pinceaux et le servaient, il
travaillait avec une sorte de cérémonial. Il dédaignait
de mettre un prix à ses tableaux. C'était un honoraire et
non une récompense qu'il recevait. Hors de son atelier,
il était modeste , sociable , ami tendre et généreux.

Elève des Caraches, le Guide porta dans ses premiers
ouvrages la manière forte et prononcée de ses maîtres ;
mais, par le conseil d'Annibal , qui voulait opposer le
talent de son élève à celui deMichel-Ange-de-Caravage,
dont la manière obscure et peu agréable avait alors
beaucoup de partisans d'imitateurs, il changea tota-
lement de système. Un coloris tendre et délicat, une lu-,
mière ouverte, un choix de formes nobles et gracieuses,
distinguèrent ses nouvelles productions , et les firent
rechercher des amateurs. Ses plus beaux ouvrages sont
maintenant en France. On remarque dans tous un pin-
ceau léger et coulant, une touche gracieuse et spiri-
tuelle , un dessin correct , un coloris frais, mais souvent
inégal. Ses draperies sont belles, et ses têtes de femmes,
surtout, sont admirables. Ce peintre sut quelquefois
allier la douceur à la force. Mais la grâce et la beauté
forment le caractère principal de ses ouvrages,
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