Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 1.1800 [1801] [Cigognara Nr. 3401-1]

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Planche cinquante-neuvième,. — Orphée pleurant sur le
tombeau d'Jïuridiee.

Orphée élait fils d'OEagre, roi de Tlirace ; il excella
dans la poésie et dans la musique, et l'éclat de ses talens
le fit passer , dans la suite, pour fils d'Apollon et de la
muse Caliope.

Tout ce que l'antiquité nous a transmis sur ce chantre
divin, tient du prodige. Orphée, par les doux sons de
sa voix et par les charmes de sa lyre, avait apprivoisé
les tigres et les lions ; il avait arrêté le cours des fleuves
les plus rapides ; et les arbres et les rochers, sensibles à
l'harmonie de ses chants, le suivaient pour l'entendre.

Il sut même s'ouvrir un passage dans le séjour du
Tartare, y suspendre les divers supplices des criminels,
fléchir le dieu des Enfers , obtenir le retour d'Euridice,
son épouse, qu'une mort prématurée, causée par la
morsure d'un serpent , venait de lui enlever 5 mais elle
ne lui fut rendue qu'à condition qu'il ne tournerait point
la tête pour la regarder, avant qu'il fût sorti du séjour
des ombres. Ils avaient déjà franchi tous les obstacles ;
Eur.idice allait être rendue à la lumière 5 dans son amou-
reuse impatience, Orphée oublie la loi qui lui est impo-
sée; il tourne la tête: Euridice lui est enlevée une
seconde fois , et sans retour. Elle lui tend les bras ; i-
veut la saisir, il n'embrasse qu'une ombre vaine. Il veut
pénétrer de nouveau dans l'empire infernal, Caron le
repousse impitoyablement. De retour sur la terre , il se
retire sur le mont Rboclope; et, fuyant la compagnie des
hommes , il n'a d'autres témoins de ses affreux regrets r
que les animaux qu'il attire autour de lui, par les ac-
cords de sa lyre. C'est en vain que les femmes des Cy-
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