Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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Planche deuxième. — Androclus et le Lion dans
le désert.

Un jour que l'on donnait au peuple, dans le grand
cirque de Rome , le spectacle d'un combat de bêtes, et
que l'arène était couverte d'une foule d'animaux féroces,
et sur-tout de lions d'une grosseur prodigieuse, un seul
fixa tous les regards ; sa taille énorme , ses élancemens
Vigoureux , sa crinière hérissée, ses rugissemens sourds
et terribles faisaient frémir tous les spectateurs. Parmi
les malheureux destinés à disputer leur vie contre ces
animaux affamés, parut un certain Androclus, autre-
fois esclave d'un proconsul. Aussitôt que le lion l'apper-
çoit, il s'arrête, frappé d'étonnement, et s'avançant d'un
air soumis et adouci, comme s'il eût connu ce misé-
rable , il le flatte, jpresse le corps del'escl ave demi mort
de frayeur, et lèche doucement ses pieds et ses mains.
Les caresses de l'horrible animal rappellent Androclus
à la vie ; ses yeux rencontrent ceux du lion ; et, comme
dans un renouvellement de connaissance, l'homme et
le lion se donnent les marques de la joie la plus vive,
et du plus tendre attachement. Piome entière, à ce spec-
tacle , pousse des cris d'admiration, et César ayant
mandé et interrogé l'esclave, celui-ci lui raconte ainsi
son aventure.

« Pour me soustraire aux traitemens injustes et cruels de mon
maître, je résolus de prendre la fuite, et j'allai chercher une solitude
inaccessible parmi les sables et les déserts. Les ardeurs intolérables
du soleil me forcèrent de me retirer dans un antre ténébreux et pro-
. fond, et je m'y cachai. A peine y ctais-je entré , que je vis arriver
ce lion; il s'appuyait douloureusement sur une patte ensanglantée;
la violence de ses tourmens lui arrachait des rugissemens et des
cris affreux. La vue du monstre me glaça d'horreur; mais aussitôt
qu'il m'eut aperçu, je le vis s'avancer avec douceur; il s'approche ,
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