Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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( iS )

peut-être plus éloignée de la nature, sous le rapport
du dessin et de la couleur. Augustin vint le trouver
et l'aida, tant pour l'ordonnance que pour l'exécution
de ses tableaux; mais cette association ne fut pas de
longue durée, et il se retira à Parme.

Annibal continua la galerie, et il la termina après
huit ans d'un travail continuel et de soins incroyables.
Plus occupé de sa gloire que de sa fortune, cet artiste
recevait un cliélif traitement de dix écus par mois; et,
lorsqu'à la fin de son entreprise il s'attendait à une
récompense proportionnée au mérite de ses ouvrages»
un Espagnol nommé don Juan di Castro, qui s'intriguait
dans toutes les affaires du cardinal, détourna ce prélat
de ses intentions libérales, et lui persuada de compter
en paiement à Annibal, le pain, le vin et autres objets
qu'il avait reçus pendant le cours de son travail, et de
lui envoyer seulement un présent de 5oo écus d'or
( 5ooo livres environ ). Lorsqu'on porta cette somme
à Annibal, sa surprise fut telle qu'il ne put proférer
une seule parole; mais il fit connaître par son silence,
le déplaisir qu'il ressentait, non de lafaible récompense
qui lui était offerte, mais de se voir trompé dans
l'espérance qu'il avait eue de trouver dans le fruit
de son travail un témoignage glorieux de l'estime qu'on
en faisait, et une ressource assurée contre sa mauvaise
fortune.

Depuis ce temps, Annibal, naturellement porté à
la mélancolie, ne fut plus capable de prendre aucun
plaisir; il abandonna même ses pinceaux, et ne les
reprit ensuite que pour quelques ouvrages beaucoup
moins importons que cetui qui venait d'assurer sa
gloire. Le chagrin consuma le reste de sa vie : il
mourut à Rome, en i6ot).
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