Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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cédé moins solide. Picnrt le Romain en a fait une gra-
vure qui donne une idée assez exacte de l'original.

Un double de cette peinture existait il y a quelques
années dans la galerie du prince Doria, à Rome, et le
Corrège avait répété, dans un autre tableau de forme
octogone, les deux figures de la Science et de la Vertu
que l'on remarque dans cette planche. Un marchand de
Berlin l'acheta et le transporta dans cette ville.

On regrette que les écrivains contemporains du
Corrège nous aient transmis peu de particularités con-
cernant la vie de cet homme célèbre ; mais on ne doit
pas s'en étonner, il vécut presque toujours dans la re-
traite ; et, travaillant moins par ambition que par amour
pour son Art, il ne s'occupa guère des moyens d'ac-
quérir de la fortune et d'accroître sa renommée.

Annibal Carache ayant vu à Parme les ouvrages du
Corrège, ils firent sur son esprit une impression si vive
et si profonde , qu'il écrivit en ces termes à Augustin :
«Tout ce que je vois ici me confond. Quelle vérité!
quel coloris! quel caractère! Les beaux enfans ! ils
vivent, ils respirent ; ils rient avec tant de grâce et de
vérité, qu'il faut absolument rire et se réjouir avec
eux. J'écris à mon frère pour l'engager à venir me trou-
ver. Qu'il vienne. .... Au lieu de perdre notre temps à
disputer, ne songeons qu'à saisir la belle manière du
Corrège; c'est le seul moyen d'humilier nos rivaux*. »

* Mengs, dans son Traité de Peinture, s'est fort étendu sur lcj
ouvrages du Corrège , et M. le chevalier Aïara a enrichi ce livre
de réflexions savantes.
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