Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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Le séjour du Guide à Rome portait ombrage à Anni-
bal Carrache, qui ne put s'empêcher de le témoigner à
PAlbane, qui l'y avait amené; mais le Caravage, pl us que
tout autre, en fut extraordinairement touché, dans la
crainte que la manière gracieuse du Guide ne le discré-
ditât entièrement ; et non-seulement il parlait mal de lui \
et blâmait ses ouvrages en toute occasion, mais il ajou-
tait encore les menaces aux injures. Plus sage et plus
retenu , le Guiden'opposaitquelesilence à ses persécu-
tions, et il montrait autant de modéra lion et de douceur
que le Caravage témoignait d'emportement et de bru-
talité.

Le Guide dont les succès augmentaient de jour en
jour, eut, parla suite, d'autres difFérens, non-seulement
avec le Caravage et ceux de son parti, mais encore avec
plusieurs peintres et avec l'Albane lui-même; tant il est
vrai que l'émulation qui naît parmi les plus habiles
artistes produit quelquefois l'envie et la haine.

Le Guide avait peint, pour l'église des Capucins à
Rome , un tableau de S. Michel. On prétendit trouver
de la ressemblance entre le démon que l'Ange vient de
terrasser et le Pape Innocent X. On assurait que ce pein-
tre , ayant eu à se plaindre de lui pendant qu'il n'était
que cardinal, s'en était vengé de cette manière.

Le Guide peignit pour la reine d'Angleterre un su-
perbe tableau représentant Bacchus et Ariane, sujet de
près de 20 figures. Par une suite, de circonstances, ce
tableau était tombé entre les mains de M. Emery, sur-
intendant des finances; après la mort de ce ministre, sa
veuve, ne pouvant supporter les nudités de cette pein-
ture , la fit mettre en pièces et détruire entièrement.
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