Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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Planche dix-septième. —Mars, Vénus et lAmourj
Tableau du Muséf, par le Guerchin.

Vénus à demi-nue est assise sur un lit; sa main gau-
che est appuyée sur un carquois; de la droite, elle
semble indiquer â son fils, armé de son arc et prêt à
décocher une flèche, le but qu'il doit frapper. A gauche,
le dieu Mars, cuirassé et le casque en tète, relève lë
rideau qui cachait Vénus et l'Amour.

Ce tableau, dont les figures sont de grandeur natu-
relle , est l'un des plus agréables d'un peintre qui sacrifia
peu aux grâces.

: François Barbieri da Cento, surnommé il Guercino,
parce qu'il était louche, naquit à Bologne, en 1597. Il
donna de bonne heure les marques de son inclination
pour la Peinture ; il avait reçu les principes de son art
de peintres fort médiocres et peu connus; il les quitta
pour se mettre sous la discipline des Caraches. Il dessina
d'une grande manière et avec facilité ; mais il s'attacha
moins à l'antique qu'à la simple nature. Le style du
Guide et de PAlbane lui parut trop faible; il se rap-
procha de celui du Caravage, et il y ajouta de la
correction.

Le Guerchin a manqué de noblesse dans ses expres-
sions, et n'a peut-être point assez de vérité dans ses
couleurs locales. Ses carnations sont en général un peu
plombées ; mais on ne peut nier que l'ensemble de ses
tableaux ne soit harmonieux, et ses grands ouvrages ,
dont on aura par la suite occasion d'offrir l'esquisse
et la pensée, lui assurent un rang parmi les peintres
célèbres.

Ses productions se distinguent par une certaine
uniformité dans le ton roussâlre des ombres. H tirait

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