Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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On l'accusa d'avoir brisé et jeté dans le Tibre un grandi
nombre de bas-reliefs antiques , après les avoir copiés
exactement, et pour cacher éternellement ce plagiat. Ce
reproche me semble mal fondé. Raphaël était trop riche
de son propre fonds , pour avoir à rougir de ce qu'il a
pu emprunter des artistes qui l'ont précédé. On sait qu'il
a imité plusieurs figures de Masaccio ; il s'en faisait
honneur, et certes il n'a jamais songé à détruire les
peintures originales d'où il les avait tirées.

Deux, tableaux de Raphaël , placés dans une église à
Rome , étaient si estimés des le temps de Jules II, qu'on
ne les laissait voir que les jours de fêtes solemnelles.

On voit en Angleterre, dans le château de Hamp-
toncour,un grand nombre de cartons et de dessins de
Raphaël. Le roi Guillaume et la reine Marie les firent
placer dans une très-belle galerie construite pour cet
usage. On les a couverts d'un rideau de soie verte , que
l'on ne tire que lorsqu'il s'agit de les montrer aux
curieux. Cette réserve ne semble-t-elle pas ajouter un
nouveau prix à la vue des chefs-d'œuvres ? "Quel con-
traste avec la profusion de nos Musées , où la prodigalité
produit bientôt la fatigue , j'ai presque dit la satiété !

Le pape Bénoît XIII, élu en 1724 , pensa priver le
"Vatican de son plus bel ornement - il voulait faire effacer
les peintures de Raphaël, et y substituer l'histoire de
deux nouveaux saints qu'il venait de canoniser. Ce ne fut
pas sans peine qu'il se rendit aux représentations de tous
les cardinaux. Ce pape appeloit les tableaux de Raphaël,
Porcheria, ( une saloperie. )
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