Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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renonça dès ce moment à une parure très-recherchée,
]Vos caricatures modernes ne sont pas aussi efficaces.

Annibal vivait en vrai philosophe , dédaignait le luxé
et. les trop grandes sociétés , toujours nuisibles aux
artistes, puisqu'elles leur font perdre un temps précieux.
Aussi blâmait-il , avec raison , la conduite d'Augustin ,
son frère , qui passait une grande partie de sa vie dans
l'antichambre et dans la compagnie des princes et des
cardinaux , et qui s'habillait avec tant de magnificence ,
qu'il avait plutôt l'air d'un riche gentilhomme que d'un
peintre. Annibal l'ayant un jourapperçu à la promenade,
marchant fièrement avec des personnes de la première
qualité, feignit d'avoir à lui communiquer quelque
chose d'important, et, le tirant à l'écart, il lui dit à
l'oreille : ce Augustin , souviens-toi que tu es fils d'un
tailleur. »

On voit qu'Annibal n'était point ébloui du faste qui
environne les grands, et qu'il devait peu briguer l'hon-
neur de ramper à leurs pieds. Le cardinal Borghèse étant
venu un jour lui rendre visite , il s'esquiva , par une
fausse porte de sa maison, laissant à ses élèves le soin de
recevoir le prélat.

Annibal avait mal parlé des ouvrages de Joseph-Pin
qui , pour se venger , lui proposa de mettre l'épée à la
main ; mais Annibal prit un pinceau , et le montrant à
son rival, il lui dit : « C'est avec ces armes que je vous
défie, et que je veux tâcher de vous vaincre. »

Voyant arriver sa dernière heure , Annibal déclara
qu'il voulait être enterré à côté de Piaphaël , afin que ses
cendres se trouvassent unies avec celles d un peintre qu'il
3Vait tant estimé.
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