Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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entretenait des jeunes artistes à Rome et clans la Lom-
bardie, où ils dessinaient pour lui les monumens les
plus remarquables dans tous les arts.

Rubens menait une vie laborieuse et régulière. Il
dînait légèrement, afin qu'une digestion pénible ne
nuisîtpas à son travail. Il peignait ordinairement jusqu'à
cinq heures du soir, et montait ensuite à cheval, pour
aller prendre l'air hors de la vilj.e ou sur les remparts.
A son retour de la promenade, il trouvait quelques-uns
de ses amis qui venaient passer avec Lui la soirée, et
contribuaient aux plaisirs de la table; mais Rubens,
toujours réglé dans sa conduite, avait une extrême aver-
sion pour l'excès du vin, de la bonne chère, ainsi que
pour le jeu; et ces qualités sont dignes de remarque dans
un pays où la plupart des peintres, même les plus recom-
mandâmes par leurs talens, avaient coutume de passer
une partie du jour à la taverne. Le plus grand plaisir de
Rubens était de monter un beau cheval, de se délasser
avec les lettres, et de considérer ses pierres gravées,
dont il avait une riche collection, qui se voit actuel-
lement dans le cabinet du roi d'Espagne.

Il ne passait point d'étrangers de distinction par la
ville d'Anvers qu'ils n'allassent voir Rubens ; et plu-
sieurs souverains l'honorèrent de leurs visites, autant
pour la satisfaction de connaître un homme aussi
célèbre, que pour admirer son cabinet, l'un des plus
beaux de l'Europe. Il avait fait construire dans sa
maison, à Anvers, un salon magnifique, en forme de
rotonde, qu'il enrichit de statues, de bustes, de vases
antiques, de tableaux des plus grands maîtres, et d'un
médaillier précieux.
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