Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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en reconnut tout le mérite, les transporta avec elle à
Rome.

Apres la mort deChristine, ces deux tableaux passèrent
entre les mains de don Livio Odescalclii,-avec plusieurs
statues et autres curiosités d'un grand prix, qui lui
furent laissées par cette reine. Il les conserva soigneu-
sement ; mais ses héritiers vendirent la plupart de ces
objets précieux. Philippe V, roi d'Espagne, acheta les
statues, et le duc d'Orléans, régent de France, les
tableaux. Après la mort de ce dernier, ces tableaux
passèrent à son fils, qui, par un esprit de rigorisme, les
fit mutiler en sa présence, afin de s'assurer que son
ordre serait exactement suivi. Il fit brûler entre autres
une tête de Léda, ouvrage magnifique pour l'expres-
sion et les grâces du coloris et du pinceau. Les restes
de ce chef-d'œuvre furent recueillis. M. Pasquier, qui
en avait fait l'acquisition, fit proposer à Carie Vanloo et
à Boucher d'y rétablir une autre tête; ils s'y refusèrent
par modestie. Un peintre nommé Deslyen, peu connu,
mais qui avait beaucoup étudié la manière du Corrège,
osa l'entreprendre, et il eut le bonheur de réussir.

Duchange a fait une bonne estampe de ce tableau ;
mais étant tombé, vers la fin de sa vie, dans la dévotion,
il se repenti t d'avoir gravé cesujet, et taillada sa planche.
On l'a assez bien rétablie.
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