Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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C 61 )

I

l Planche trente-unième. —Arria et Pœtus • Tableau
de Vincent *.

Arria, femme de Cécinna Pœtns , noble Romain,
vivait sous l'empire de Claude. Son mari, s'étant trouvé
impliqué dans une conspiration contre cet empereur, fut
arrêté en Dalmatie, et on l'embarqua sur un vaisseau
pour l'amener à Rome ; Arria demanda en grâce à l'of-
ficier qui était chargé de la garde du prisonnier, d'être
admise dans le même vaisseau. Ele ne put l'obtenir,
l'amour conjugal y suppléa : elle loua une barque de
pêcheur, avec laquelle elle accompagna le vaisseau où
était son mari.

Voyant qu'on la gardait soigneusement de peur qu'elle
ne se donnât la mort, elle dit à ceux qui l'environnaient :
« Vous pouvez faire que je meure misérablement; mais
» m'empêcher de me donner la mort, c'est ce qui passe
» votre pouvoir», et en même temps elle s'élance de
dessus sa chaise, et va se frapper rudement la tête contre
une muraille qui était vis-à-vis. Elle tomba évanouie
du coup, et lorsqu'elle fut revenue à elle-même : « Eh!
» bien, dit-elle , ne vous avais-je pas averti que si vous
» me refusiez une mort douce, je m'y ouvrirais une voie,
» quelque violente qu'elle pût être ? »

Le trait suivant, que l'artiste a choisi pour le sujet de
son tableau, achève de caractériser cette célèbre héroïne.
Lorsque son mari eut été condamné à mortvoyant
qu'elle ne pouvait le sauver, elle s'enfonça un poignard
dans le sein -P puis, le retirant : « Tiens, dit-elle, Pœtus,

* De l'Institut national, et professeur des Ecoles spéciale et cen-
trale.

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