Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

Seite: 80
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1802/0140
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 8o )

artiste. Achillini, homme très-savant, le composa en
ces termes :

Augvstinvs Caraccius,
Dum extremos immortalis sui penicilli tractus
In hoc semipicto fornice moliretur,1

Ab qfficiis pingendi et vivendi
Sub umbra Uliorum gloriosè vacavi-t.

Tu, spectatar,
Inter lias dulces picturce acerbilates
Pasce oculos,
Etfatebere decuisse potiùs intactas spectari,
Quàm alieni manu tractatas maturari,

Augustin Caraclie avait étudié les belles-lettres, et
elles lui fournirent des idées grandes et ingénieuses. Il
composa quelques ouvrages de poésie. Il excella clans la
gravure, et son liabileté dans le dessin lui faisait sou-
vent rètouclier ce qu'il y avait de défectueux dans les
tableaux qu'il entreprenait de graver. Plusieurs peintres,
tels que le Tintoret et Paul Véronèse, lui en surent bon
gré; d'autres lui en firent un crime.

Si la question n'est pas jugée, au moins convîendra-
t-on que le sentiment des premiers annonce leur mo-
destie et le désir de la perfection, le mécontement des
autres un amour-propre extrême et une grande con-
fiance dans leur savoir. Sans doute le célèbre Lebrun
était trop jaloux de sa propre gloire pour blâmer Au-
dran d'avoir donné à la gravure des superbes batailles
d'Alexandre la fermeté que le peintre laisse à désirer
dans ses tableaux.
loading ...