Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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d'huile sur ma tête; mais depuis qu'elle est entrée, ello
n'a cessé de baiser mes pieds, et elle y a répandu ses
parfums : c'est pourquoi je vous déclare que beaucoup
de péchés lui sont remis, parce qu'elle m'a donné da
grandes preuves d'affection.

Le tableau dont on donne ici l'esquisse, devrait donc
avoir pour titre : la Femme pécheresse convertie, et
non celui de Magdeleine, avec laquelle elle n'a aucun
rapport.

Le peintre l'a représentée avec toute l'expression de
la douleur et des remords. Elle a brisé et foulé aux pieds
les frêles instrumens de sa parure, objet de luxe et de
séduction, et prix infâme de ses débauches. Pour la
dernière fois, elle vient de contempler dans un miroir
ces charmes passagers, ces vains attraits qui l'ont per-
due : elle arrache ses vêtemens, lève au ciel ses yeux
fatigués par les larmes; un nuage lumineux brille au-
dessus de sa tête, et atteste l'effet de la grâce divine qui
la livre au repentir et la rend à la vertu.

Ce tableau, d'une riche ordonnance, d'un bon goût
de dessin, mais d'un coloris médiocre, fut exécuté pour
le couvent des Carmélites. On dit que Lebrun eut
dessein d'y représenter les traits d'une femme célébra
par ses égaremens et par ses remords, la duchesse de la
Vallière, l'une des maîtresses de Louis XIV. Il n'est
guère probable que Lebrun, comblé des faveurs du mo-
narque , ait eu l'imprudence de lancer ce trait satyrique.
D'ailleurs la figure n'a aucune conformité avec le por-
trait connu de madame de la Vallière.

Le tableau de la Pécheresse convertie fut transféré, à
l'époque de la révolution, de l'église des Carmélites au
Musée central : il fait maintenant partie de celui de
Versailles.
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