Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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Planche quarante-sixième. — La Vierge, S. Luc et S**
Catherine; Tableau du Musée : par Annibal Carache.

Ce tableau de la Vierge, de S. Luc, et de Ste Cathe-
rine , offre un exemple de ces nombreux anaclironismes,
de ces conceptions incohérentes, auxquelles des hommes
de peu de goût, et soit par motif de dévotion ou'par un
caprice particulier, ont trop souvent assujetti les artistes.
En effet, réunir dans le même cadre, la Yierge, Jésus
encore enfant, S. Luc, vieillard, l'un de ses sectateurs,
et Ste Catherine, que l'on suppose avoir vécù"environ
trois siècles après, c'est, de la part du peintre, mon-
trer une condescendance excessive pour la bizarrerie
d'un donateur riche ou puissant.

Quelques-uns des meilleurs tableaux des écoles an-
ciennes ont le vice capital que l'on remarque dans
celui-ci. Les productions des artistes modernes en sont
plus généralement exemptes ; mais il faut convenir que
l'on pourrait, avec justice, reprocher à quelques-uns
d'entre eux un abus non moins repréhensible, celui
des idées complexes et des combinaisons allégoriques;
ils semblent oublier que la simplicité, la clarté des idées
est le premier mérite d'un art destiné à charmer les jeux
et à émouvoir le cœur, plutôt qu'à exercer l'esprit; et
qu'enfin, un tableau ne doit pas être une énigme.

Celui dont on offre ici le trait fait partie de la Collec-
tion rapportée d'Italie. Les figures sont au moins de gran-
deur naturelle. Ony trouve ce goût grandiose, ce dessin
sévère, ce pinceau magistral qui distinguent le premier
des Caraches.

S. Luc, le principal personnage du tableau, es t reconnu
pour lepatron des peintres. Cette adoption n'a aucun fon-
dement. S. Luc, né à Antioche, en Syrie, avait été
médecin; il fut le compagnon des voyages et des prédi-
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