Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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L'abbé de Mably, dans ses Observations sur l'Histoire
Romaine, peint les deux Gracques. En voici quelques
traits. « Tiberius Cracchus avait toutes les qualités qu'ai-
mait le peuple dont il se disait le libérateur, et que haïs-
saient les riches, qu'il voulait humilier. Son éloquence
douce et persuasive conduisait à la terreur par la pitié.
Jamais homme ne fut plus altier et n'affecta tant de mo-
dération. Adroit à émouvoir les passions, plus habile
encore à en nourrir le feu, il semblait plutôt se laisser
emporter par les sentimens de la populace, que lui inspi-
rer les siens... Caïus lui succéda ; mais il n'avait jamais
eu les dehors de probité qu'on avait vus dans son frère.
Les efforts qu'il s'était faits pour renfermer son ambition
et sa vengeance avaient changé tous ses sentimens en
passion et en fureur. Il regarda la loi licinia, comme
l'ouvrage de sa maison. Vaste et tumultueux dans ses
desseins, hardi et violent dans l'exécution, nourri de-
puis long-temps des idées les plus ambitieuses avec les-
quelles il s'était familiarisé, il fut extrême dès qu'il put
agir. Il voulait franchir, et non pas lever les obstacles qui
s'opposaient à ses desseins, etc. ».
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