Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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( i°8)

«le tête gracieux, principalement celle de femmes; et,
sous ce rapport, on remarque dans leurs ouvrages une
sorte de conformité.

Le Pérugin fut employé d'abord à Fl< rence , et ensuite à
Rome pour le pape Sixte IV. Presque tous ses ouvrages
sont de dévotion , et ornent les églises et. les couvëns. Sa
manière est assez pure, mais un peu .sèche : ce qui a le
plus contribué à sa gloire , est d'avoir eu pour disciple le
célèbreRaphaè'l, dont les premiers ouvrages ont été souvent
confondus avec ceux de son maître.

Le Pérugin, craignantde retourner, dans sa vieillesse, à
l'état misérable où le sort l'avait fait naître , usa de pré-
voyance, travailla avec une ardeur infatigable, acquit
de grands biens , et par un abus commun à tant d'hommes
enrichis, finit par tomber dans une avarice sordide. Sa
seule dépense était pour la parure de sa femme , jtune et
belle, et dont il était passionnément amoureux : omnia
vincit ainor. On ne dit pas jusqu'à quel point il fut ré-
compensé de ses sacrifices et de sa passion; mais il paraît
certain qu'il ne fut guère aimé de ses confrères, particu-
lièrement de Michel-Ange , avec lequel il avait toujours
quelque différend.

Quelque affection que le Pérugin eût pour la peinture ,
il en eut encore davantage pour les richesses , dont elle
fut pour lui une source féconde. Il préféra toujours l'ar-
gent à la gloire. Il n'allait jamais à la campagne sans em-
porter avec lui la cassette où était son or. Un filou qui
avait fait cette remarque , le guetta et le dépouilla de
son trésor. Le Pérugin fut si affligé de cette perte, qu'il
mourut de chagrin peu de temps après, en 1624, âgé de
soixante-dix-huit ans.

Ce peintre a fait quelques grandes compositions, et de
beaux dessins de tapisseries.
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