Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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cloute cette célèbre peinture au-dessus de toutes celles
ffuî nous sont connues.

Le Brun fit ce tableau à l'époque la plus brillante de
son talent, et vit augmeuter la faveur dont il jouissait
déjà auprès de Louis XIV. Ce monarque l'avant voulu
voir travailler pour juger jiar lui-même de son habileté,
le manda en ib'61, à Fontainebleau où il était, et lui
demanda un tableau tel qu'il voudrait le faire, lui lais-
sant entièrement le choix du sujet. On lui donna dans
le château même un appartement près de celui du roi,
qui venait presque tous les jours le voir à l'ouvrage, et
qui ne fut pas moins charmé de l'esprit, des manières
et de la conversation du peintre, que des productions
de son génie. C'est ainsi que le Brun fit, pour ainsi dire
sous les yeux de Louis XIV, ce fameux tableau de la
famille de Darius, dont Edelink a fait une gravure
admirable.

Le roi fut si satisfait du tableau, que, dans le dessein
où il était de faire fleurir dans son royaume les arts
aussi bien que les sciences, il regarda le Brun comme
l'homme le plus capable de conduire les vastes projets
que sa majesté commençait à former pour l'embellis-
sement des maisons royales. Ce monarque l'anoblit, lui
accorda des armes distinguées, et le nomma enfin son

{iremier peintre en 1662- on lui donna, non-seulement
a direction de tous les ouvrages qui se faisaient chez
le roi , mais encore celle de la manufacture royale des
Gobelins, où il avait son logement ; et peu de temps
après, l'intendance générale des ouvrages de peinture
Ct de sculpture, et de tous les arts qui dépendent du
dessin, sans aucune exception.

Nous ignorons si leBrun abusa quelquefois de l'exces-
sive étendue de ses attributions; mais il est certain que
depuis sa mort aucun artiste ne les a réunies. On a craint
sans doute que le pouvoir ne fût dangereux entre les
mains d'un seul homme, pouvant diriger, selon sa
volonté, ou écarter les talens de ses propres rivaux.
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