Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.1802 [Cigognara Nr. 3401-2]

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«Je fais au cit. Landon ces trois questions, relatives à son tableau
de Dédale et Icare.

wLa mythologie nous apprend que Dédale, pour fuir du labyrinthe,
s'attacha des ailes avec de la cire.

» i.° Pouvaient-elles être celles de quelques oiseaux'!.. . Non.

» 2.0 Le seul mouvement des omoplates où je les vois attachées,
pouvait-il leur donner cette agitation et position horizontale néces-
saires pour embrasser une colonne d'air telle que le poids gravitant
de Dédale ne pût le déplacer?.....Je ne le crois pas.

« 3.° Est-il essentiel en peinture de ne pas exprimer l'ouvrage
de l'art avec les mêmes traits que ceux de la nature?. . .Je le crois.
C'est pourquoi je ne trouve point exacte l'idée qu'ont eue plusieurs
peintres en représentant Dédale et Icare , avec des ailes de même
nature que celles des peuples célestes, angçs et oiseaux auxquels
elles sont innées. » L. J.

Réponse du cit. Landon.

« Le cit. L. J. me fait trois questions ; mais ne m'a-t-il pas dis-
pensé d'y répondre, puisqu'en même temps qu'il pose chacune de
ces questions, il les résout lui - même en termes positifs'! Je suis
loin cependant de vouloir les éluder.

» Je n'ignorais pas qu'Ovide, dans sa fable ingénieuse, nous
peint Dédale attachant avec de la cire , à ses bras, à ceux de son
fils, des plumes à l'aide desquelles ils peuvent s'élever dans les airs
et s'éloigner du labyrinthe; mais comme il n'est pas plus possible
de voler avec de semblables ailes , qu'avec celles que l'on suppose
attachées aux omoplates, j'ai préféré , fiction pour fiction , celle qui
m'offre des formes plus avantageuses; et de longues plumes collées
aux bras auraient caché les parties du nu les plus essentielles J'al-
léguerai pour autorité un bas-relief antique très-connu , où Dédale
et Icare sont représentés avec des ailes semblables à celles que j'ai
adoptées. Les simples bandelettes qui les retiennent et sont censées
les faire mouvoir, expriment suffisamment le sujet qui est purement
allégorique, et empêchent que l'on ne confonde les deux voyageurs
aériens avec le Temps, l'Amour, ou quelques autres personnages
que l'on a coutume de peindre avec des ailes. Lnfin je citerai ce
passage uVHorace :

. . . Pictoribus atquepoctis
Quid libet audendi semper fuit tzqua potestas.
Si le cit. L. J. ne méconnaît point ces autorités, il cessera ds
blâmer la licence que j'ai pris/;.
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