Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

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cours de son travail, il s'arrêtait tout-à-coup, et s'aban-
donnait à de profondes réflexions, jusqu'à ce qu'il eût
enfin lieu d'être content de ses idées. Alors il s'animait,
il se passionnait, il entrait dans une espèce de fureur
pittoresque; on l'entendait parler , rire, soupirer, pousser
des cris plaintifs , selon les sujets qu'il avait à traiter.
Mais il avait soin de s'enfermer exactement, parce que
des gens qui l'avaient surpris au milieu de ses transports,
l'avaient soupçonné de folie.

~^Un des amis du Dominiquin, voulant lui persuader
de ne pas tant finir ses ouvrages , et d'être plus expéditif :
« vous ne savez donc pas , lui dit-il, que j'ai un maître
» extrêmement difficile à contenter ? c'est moi-même. »

—Le Dominiquin ayant fait un tableau qui fut applaudi
par une cabale toujours acharnée à rabaisser son mérite,
s'écria : « j'ai bien peur que mon tableau ne vaille rien ,
» puisque mes ennemis en font l'éloge. »

-Jamais artiste célèbre ne fut tant perse'cuté par ses

envieux. A peine la tribune de l'église de Saint - André
eut-elle été découverte, qu'il fut question de l'abattre.
« Cependant, disait le Dominiquin, toutes les fois qu'il
» entrait dans cette église, et qu'il s'y arrêtait avec ses
x élèves, il me semble que je n'ai pas si mal réussi. »
En effet, celte peinture est l'un des plus beaux morceaux,
à fresque qu'il y ait à Rome. .
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