Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

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Planche trente - sixième. —Ariadne, statue antique
de la galerie du Musée.

Cette statue, connue sous le nom de Clcopâtre, est
encore au nombre de celles dont la dénomination vulgaire
n'est fondée sur aucuns motifs suffisans. On a cru y recon-
naître cette reine expirante, et la figure d'un serpent
entortillé autour de son bras gauche, semblait autoriser
cette explication 5 mais la mollesse de son attitude , l'ar-
rangement gracieux des bras qui entourent et soutiennent
sa tête, présentent plutôt l'image d'une femme endormie.
Ce qui achève d'éloigner entièrement l'idée de Clcopâtre,
c'est que les antiquaires ont reconnu dans le prétendu ser-
pent, un bracelet dont plusieurs statues antiques offrent
d'autres exemples ; les anciens les appeloient ophis , ser-
pens, parce qu'ils avaient la figure de ce reptile.

Parmi les explications modernes , nous adopterons celle
de Visconti, quia été guidé dans cette recherche parla
ressemblance du costume et de l'attitude de cette figure
avec celle d'un bas-relief, ainsi que par la comparaison
de plusieurs autres monumens. Ce savant antiquaire pense
qu'elle nous offre Ariadne, abandonnée par le perfide
Thésée, sur les rochers de Naxps , dans le moment d'abat-
tement et de sommeil qui succède à son désespoir. Le voile
jeté sanssoin derrière sa tête, sa tunique a demi-détachée,
indiquent l'agitation et le désordre qui ont précédé cet
instant de repos.
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