Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

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( ad )

Planche cinquante-septième. — La Descente de Croix ;
Tableau de llubens.

Quelque soit le génie du peintre ou du poëte, il ne
trouve pas toujours l'occasion de déployer toutes les
richesses de l'art. Le choix du sujet, cette condition
importante, sans laquelle il n'est point de succès com-
plet, n'est que trop souvent l'écueil contre lequel les
plus grands maîtres viennent écliouer ; combien d'heu-
reux sujets ont été traités par des artistes qui n'avaient
pas consulté leurs forces! Leur audace n'a point tourné
à l'avantage de l'art.

Mais lorsqu'un homme de génie conçoit un sujet
pathétique , il produit un de ces chef-d'ceuvres , l'objet
de l'étude et souvent le désespoir des contemporains et
de la postérité.

Telle est la célèbre Descente de Croix de Rubens,
dont nous donnons ici le trait. On peut, dans cette
simple esquisse, voir la manière admirable dont ce
sujet est rendu. Il était d'autant plus difficile à traiter
qu'il l'avait été par les plus grands maîtres. Quelle
attention les disciples apportent à descendre de la croix
ce corps inanimé, mais toujours pour eux l'objet d'une
sainte vénération ! Quelle douleur dans l'expression de
la Vierge! quel tendre attachement dans l'action de
sainte Marie - Madelaine ! C'est le disciple chéri du
Christ qui porie lapins grande partie de ce fardeau,
précieux... Telle est la partie poétique de ce tableau,
il n'est pas moins beau sous le rapport de l'exécution.
La lumière et les ombres sont distribuées avec une
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