Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

Seite: 127
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1802a/0196
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( »27 )

Planche soixantième. — L'Assomption de la Vierge ;
Tableau du Poussin yjigures d'environ un pied de
proportion.

La Vierge, soutenue par quatre anges, s'élève vers
le ciel. Le Poussin, toujours judicieux, n'a point donné
à ces auges d'attitudes pénibles, comme s'ils suppor-
taient un fardeau. Le groupe est aérien et céleste.

Particularités sur le Poussin.

Nous rapportâmes dernièrement les invitations pres-
santes qui déterminèrent ce grand homme à revenir
dans sa patrie. Bientôt la haine et l'envie de ceux qui
osaient se croire ses émules , l'obligèrent à retourner- à.
Piome. Nous allons entrer ici dans quelques détails sur
les chagrins qu'il éprouva.

Le Poussin fut d'abord traité avec toute la considé-
ration qu'il méritait. Le roi, Louis XIII, le nomma
son premier peintre , et lui assura un traitement de
5,ooo livres, avec un logement aux Tuileries. On lui
commanda deux tableaux d'autel', l'un pour la chapelle
de Saint-Germain-en-Laye, l'autre pour celle de Fon-
tainebleau. Il fut, en outre, chargé de faire des cartons
pour la Galerie du Louvre, où il avait dessein de
représenter les travaux d'Hercule dans une suite de
bas-reliefs imitant le stuc.

L'Envie alors fut réveillée par tant d'honneurs
accordés au Poussin , par la confiance sans bornes
que lui témoignaient le roi et les ministres , et par la
certitude que ses ouvrages nouveaux ne feraient qu'ac-
croître sa gloire. Le Poussin blâmait avec justice les
ornemeus que le Mercier, architecte du roi, avait
fait placer dans la Galerie; celui-ci s'unit au paysagiste
loading ...