Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

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Fouquieres , homme d'un caractère orgueilleux et
bizarre, et à Vouët, qui, jusqu'à l'arrivée du Poussin r
avait joui en France d'une réputation supérieure à
son mérite, quoiqu'il n'en manquât pas. Ces adversaires
et leurs nombreux partisans entreprirent de dénigrer
tout ce qu'exécutait le Poussin. La manière pure ,
simple, sévère qui le rapprochait de l'antique et des
grands maîtres de l'Ecole romaine , fut représentée
comme mesquine et trop dénuée d'ornemens. Ce qui
mit le comble au dépit de ses ennemis , ce fut l'admi-
rable tableau où il représenta saint François Xavier ,
ressuscitant une jeune fille, placé au maître-autel du
Noviciat des Jésuites. Cet ouvrage se trouvait ainsi
rapproché d'un tableau queVouët avait peint pour l'une
des chapelles de la même église, et la comparaison
n'était pas avantageuse à ce dernier.

Quand l'envie s'opiniâtre dans ses attaques , il est rare
qu'elle ne parvienne à opérer du moins une partie du
mal qu'elle veut faire. Le concours de tant de censeurs
lit quelque effet sur l'esprit de M. Denoyers , jusque-là
si juste appréciateur du Poussin. Celui-ci s'en aperçut,
et lui écrivit une longue lettre , dans laquelle la force
e.t la noblesse de son ame sont empreintes. Il y réfute
les inculpa tions de ses ennemis ;ily fait voir leur ineptie
et leur'aveuglement. Cependant, fatigué de repousser
des provocations sans cesse renouvelées, et peut-être
encore plus indigné de s'expliquer devant des juges peu
capables de l'entendre, il prit le prétexte d'aller cher-
cher sa femme à Piome, pour revoir cette ville où il
trouvait le repos et le bonheur. La mort du cardinal,
celle du roi, arrivée cinq mois après, et la retraite' de
M. Denoyers, l'affermirent dans la résolution de ne
point retourner dans une cour où ses anciens protec-
teurs n'étaient plus.
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