Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

Seite: 239
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1802a/0214
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
(( 239 )

Planche soixante-sixième. — Tableau de P. P. Rubens,
représentant Grotius, Juste Lipse, P.P. Rubem et
Philippe Rubens sonjrere.

Cet ouvrage est tin monument de l'amitié qui unis-
sait ce grand peintre à son frère, et à deux hommes'
célèbres , qu'on peut appeler ses compatriotes, puisque
Jusie Lipse était flamand, et Grotius hollandais.

Juste Lipse naqui t à Iseh, village près de Bruxelles, en
1647. Dès son enfance il annonça du goût pour lajiltéra-
ture. A neuf .ans il fit quelques poèmes , à douze il
composa des discours , et à dix-neuf il mit au jour ses
Varice Lectioves , dont les savans trouvent le style su-
périeur à celui des écrits qu'il publia dans ia suite. Le
cardinal'de Granville le mena à Rome en qualité de
secrétaire ; il occupa ensuite la chaire d'histoire à Yena
et à Leyde , et celle de belles - lettres à Lonvab. Il
acquit dans cette dernière ville une telle réputation,
que l'archiduc Albert et l'infante Isabelle voulurent
assister, avec toute leur cour, à ses leçons. Il refusa les
offres qui lui furent faites par Henri IV, le pape Paul Y
et les Vénitiens, qui désiraient également se l'attacher.
Après avoir successivement embrassé plusieurs des
sectes qui partagent la chrétienté, il revint à la reli-
gion catholique, dans laquelle il était né, et mourut à
Louvain, âgé de cinquante-huit ans.

Hugues Grotius, né à Delft, en i5§2, d'une famille
illustre, se distingua comme Juste Lipse, par des talens
précoces. Il fit à huit ans des vers latins , plaida sa
première cause à dix-sept ans, et à vingt-quatre fut nom-
mé avocat-général. Il s'attacha au grand-pensionnaire
Bameveltj et après la mort funeste de son protecteur,
loading ...