Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

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Planche soixante - neuvième. — La Transfiguration;'
Tableau de Raphaël-: Figures de grandeur naturelle.

Jésus-Christ, ayant pris avec lui les apôtres Pierre,
Jacques et Jean, se transporta sur une haute montagne.
Là, il se transfigura devant eux : son visage devint écla-
tant comme le soleil, et ses vêtemens blancs comme la
neige. Les apôtres virent alors paraitre Moyse et Élie
qui s'entretenaient avec lui. Une voix sortit d'une nuée
lumineuse, et dit : Voici mon Fils bien aimé. Alors les
apôtres , saisis de frayeur , tombèrent le visage contre
terre. Jésus ensuite descendit de la montagne, et chas?a
le démon du corps d'un enfant que ses disciples n'avaien C
pu guérir.

Tel est le sujet que le texte sacré a fourni à Raphaël.
On voit que ce grand homme, usant du privilège ac-
cordé aux peintres et aux poëtes, de. tout oser pour le
plus grand avantage de l'art, a réuni dans son tableau
deux actions différentes. A la rigueur ce rapprochement
est blâmable ; mais c'est ici sur-tout que les principes
disparaissent devant les conceptions du génie. Quel
critique oserait désirer qu'une des deux parties de ce
chef-d'œuvre fût supprimée? et comment appeler une
faute cette double action, qui présente un rapproche-
ment sublime? Sur le Thabor , la Divinité dans sa
gloire; au pied de la montagne, les douleurs etl'impuis-
sance de l'humanité.

Quand Raphaël mourut, il venait de terminer cet
euvrage, son chef-d'œuvre et celui de la peinture. Le
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