Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

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jouit. On y retrouve les grandes parties de l'art qui
caractérisent le talent de M. David; une composition
noble et simple, un dessin pur et correct, qui joint
le grandiose de l'antique à la vérité de la nature, des
figures profondément pensées, et des expressions de la
plus grande justesse. Parmi les beautés que l'on admira
dans ce tableau à l'exposition de 1787, on remarqua
sur-tout un trait de génie dans la figure principale :
Socrate parle à ses disciples de l'immortalité de l'âme;
tout entier à cette pensée consolante et sublime , il
porte sa main vers la coupe fatale , mais comme par
distraction et sans y toucher. On n'admira pas moins
cette figure de l'exécuteur d'un jugement inique , qui,
frappé de l'ascendant de la vertu , ne peut obéir à l'or-
dre affreux dont il est chargé qu'en détournant les yeux
de dessus la victime. On sait à quel point l'artiste porte
le mérite de l'exécution : dire que dans cette partie de
l'art le Socrate est digne des autres ouvrages de son
auteur, c'est en donner la plus haute idée.

Ce tableau fut fait pour M. Trudaine. Il appartient
maintenant à M. Micauit de Courbeton, son beau-frère.
La gravure en a été entreprise par Massard père. On en
exposa au dernier Salon une épreuve non terminée,
qui donne au public le désir de la voir bientôt paraître.
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