Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche huitième. —Assemblée de Buveurs ; par Bartho-
lomeo Manfrédi : Tableau de la Galerie du Muséum.

Les figures de ce tableau, vues à mi-corps , sont de
grandeur naturelle. C'est une de ces compositions fa-
milières dans lesquelles on ne peut exiger les princi-
pales parties de l'art, telles que l'invention, le grand
goût de dessin, ou le sublime de l'expression. Michel
Ange de Caravage fut dans son temps le fondateur d'une
école qui rivalisa celle des Caracbes , quoique le mérite
de ces grands maîtres fût d'un ordre supérieur. Dédai-
gnant l'étude de l'antique et attaché à suivre scrupu-
leusement la nature, le Caravage exprima sans choix ,
mais avec une énergie étonnante, ce qu'elle, offrait à ses
pinceaux. Le Vénitien Saracino, le Valentin , Joseph
Ribera, dit l'Espagnole t, et Manfrédi, s'attachèrent à la
manière de Michel Ange de Caravage, dont ils pos-
sédèrent en partie les beautés et les défauts. Parmi ses
élèves , Manfrédi fut un de ceux qui réussirent le plus
dans cette imitation ; la vérité de sa couleur, la fermeté
du pinceau qui caractérisent ses productions , les firent
souvent confondre avec celles de son modèle. On re-
trouve dans les tableaux de Manfrédi, comme dans
ceux du Caravage, un dessin incorrect, une nature
ignoble et l'oubli total de ce qui tient aux convenances.
Au reste , ces défauts blessent moins dans une compo-
sition du genre familier, que dans des productions
his toriques.
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