Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

Seite: 33
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1803/0057
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 53 )

Planche treizième. —La Vierge, l'Enfant Jésus, et Saint
Jean-Baptiste ; Tableau de la Galerie du Muséum :
par Raphaël.

La Vierge, assise, contemple avec une joie tran-
quille l'Enfant Jésus qui, debout, et les yeux tournés
vers sa mère, lui témoigne une vive tendresse. Le petit
S. Jean, à genoux devant le Christ, adore celui que son
esprit inspiré reconnaît déjà pour le Sauveur du monde.
Le fond du tableau est un paysage.

La simplicité de la composition, la vérité, la naïveté
des expressions , et cette grâce inimitable à laquelle on
reconnaît toujours Raphaël, sont portées au plus haut
degré dans cet ouvrage : la tendresse maternelle , tem-
pérée par le respect, est parfaitement rendue dans la
figure principale. Les enfans sont d'une grande pureté
de dessin, et du plus beau choix de formes. La draperie
de la Vierge est d'une agréable simplicité. Raphaël fut
lui-même si satisfait de cette composition, qu'il inscri-
vit son nom dans la broderie de la robe de la Vierge.
Cette particularité est assez remarquable , en ce que
Raphaël n'en a usé ainsi que pour un petit nombre de
tableaux du premier rang, tels que la Sainte-Famille
et le S. Michel, exécutés tous deux pour François Ier.

Il n'est pas douteux que ce charmant tableau n'ait
été peint dans le temps où Raphaël cessa de porter dans
l'imitation de la na ture cette exactitude sèche et minu-
tieuse qu'il tenait du Pérugin. Alors il allia la grandeur
dans les formes, à la naïveté de sa première manière ;
À- 7
loading ...