Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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des artistes grecs qui sont parvenus jusqu'à nous, il
montrait les mendians qui passaient devant lui, et di-
sait , voilà mes antiques. C'est à cette étude de la
nature, copiée sans choix et sans goût, qu'il dut ses
beautés et ses défauts.
Son caractère querelleur et dédaigneux lui aitirabeau-
coup d'ennemis, et le conduisit à une fin malheureuse
et prématurée. Une violente dispute qu'il eut à Milan
l'obligea de partir pour Venise. A la vue des ouvrages
du Giorgion, il sembla pendant quelque temps chan-
ger sa manière en adoucissant ses ombres ; mais il
partit pour Rome avant d'avoir passé à Venise assez de
temps pour s'affermir dans ses nouveaux principes.
L'extrême indigence à laquelle il se vit bientôt réduit
dans Rome le força de peindre, dans l'atelier du Jose-
pin , des fleurs et des fruits. Ennuyé d'un travail qui lui
convenait peu, il s'attacha à un autre peintre qui Jui
demanda de grandes figures. Le cardinal del Monte,
charmé d'un tableau où il avait représenté des Joueurs,
l'employa pendant quelque temps. Il fit ensuite les por-
traits des papes Paul V et Urbain VIII. Sa manière
forte et sombre lui donna une grande vogue, et eut
quelques imitateurs ; mais la plus grande partie des
peintres, que ses critiques n'épargnaient pas , se déclara
contre lui. Ils lui reprochaient son mauvais goût et ses
formes ignobles. Leurs discours lui causèrent quel-
quefois de cruelles mortifications. On ôta de plusieurs
églises des tableaux d'autel qu'il y avait peints, parce
que ses figures n'avaient point assez de noblesse , et
péchaient contre les convenances.

La suite à la PlancJie seizième..
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