Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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à Malte un accueil aussi favorable qu'il pouvait lé dési-
rer, orna de tableaux l'église de Saint-Jean, et fit deux
fois le portrait du grand maître de Yignacourt, qui, en
récompense, le créa chevalier servant, et lui fit présent
d'une chaîne d"or et de deux esclaves.

Toujours dominé par son caractère fougueux, le Cara-
vage insulta grièvement un chevalier des plus distin-
gués de l'ordre, et fut emprisonné. Il s'échappa pendant
la nuit, et passa en Sicile. Ne s'y trouvant pas en sûreté,
il s'embarqua pour Naples. Il voulait attendre dans
cette ville ce que le grand-maître, à qui il avait envoyé
un tableau d'Hérodiade tenant la tête de S. Jean,
ordonnerait de lui. Attaqué et blessé à Naples par des
inconnus, il monta sur une felouque pour se rendre à
Rome, où il savait que le pape avait accordé sa grâce
aux prières du cardinal Gonzague. A peine fu t-il des-
cendu sur le rivage que la garde espagnole le prit pour
un cavalier dont elle avait ordre de s'assurer, et le con-
duisit en prison. Cette méprise étant reconnue, le Cara-
vage voulut retourner à bord de la felouque pour y
prendre ses effets, mais elle était partie. Accablé de
tant d'aventures fâcheuses, manquant de linge et d'ar-
gent, il erra sur le rivage, et essaya, par un temps
extrêmement chaud, de gagner Porto-Ercole. Saisi d'une
forte fièvre, et privé de tout secours, il mourut miséra-
blement sur un grand chemin : il était âgé de /to ans.
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