Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche vingtième. — Le Déluge; Tableau de la Galerie
du Muséum : par Alexandre Véronèse.

L'ensemble de ce tableau donne une idée assez nette
de la catastrophe qu'il représente. Sur le premier plan,
un vieillard cherche à préserver une jeune femme de
l'inondation. Près d'eux un enfant se couvre la tête
d'une draperie pour sedérober àlapluie. Agauche,une
femme embrasse son enfant : on voit à droite deux corps
à moitié submergés. Les autres personnages de cette
scène désastreuse emploient tous leurs efforts pour
échapper à la mort inévitable qui les menace ; dans le
lointain, on aperçoit l'arche qui se détache sur un fond
sombre et orageux. Ce tableau, de grandeur moyenne,
était autrefois à Versailles. Les figures ont environ 20
pouces de hauteur.

Alexandre Turchi, plus connu sous le nom de Véro-
nèse, naquit en 1600, dans la ville de Vérone. On l'a
quelquefois appelé YOrbetto *, parce que dans sa jeu-
nesse il conduisait un aveugle. Le goût qu'il manifesta
pour le dessin engagea ses parens à le faire entrer dans
l'école de Felice Ricci, dit Brusasorci; mais la manière
froide et sèche de ce maître eut pour lui peu d'attrait.
Il s'attacha à imiter le coloris du Corrège et les beaux
airs de tête du Guide. Il alla à Rome, et s'y maria. Sa
femme et ses filles lui servaient ordinairement de
modèles.

Il avait une manière de travailler défectueuse, et qui
ne pouvait réussir tout au plus qu'à un peintre consom-
mé dans la pratique de son art. Il ne faisait ni dessins

* Du mot italien orbo, aveugle.
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