Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche vingt — troisième. — La Mort de Socrate ; par
Peyron : Figures de grandeur naturelle.

La notice qui accompagnela gravure du même sujet,
peint par David, tome ier de ce Recueil, offre un aperçu
rapide de la vie et de la mort de Socrate : on ajoutera
ici quelques - uns des traits qui le caractérisent. Dans
sa jeunesse il porta les armes , ainsi que la loi le pres-
crivait à tous les citoyens d'Atliènes. On remarquait à
l'armée que personne ne montrait plus d'intrépidité
dans les combats, et ne supportait avec plus de fer-
meté les fatigues et les privations. Dans une bataille
où les Athéniens eurent du désavantage, Alcibiade,
blessé, allait être fait prisonnier, lorsque Socrate qui
s'était placé aux derniers rangs pour protéger la re^
traite, l'enleva sur ses épaules, et l'arracha aux enne-
mis. Il méprisait les richesses : « Que de choses dont je
» n'.aipas besoin» ! disait-il, en voyant ia grande quan-
tité d'or et d'argent qu'on portait dans les cérémonies.
Cet amour de la pauvreté n'était pas pour lui comme
pour tant d'autres une affectation del'orgueil. Aussi dit-il
un jour à Antisthênes qui cherchait à se distinguer par
des habits sales et déchirés • « Je vois ta vanité à.travers
» les trous de ton manteau ». Sa tranquillité d'ame était
inaltérable, et on prétend que ce fut pour exercer ha-
bituellement cette vertu qu'il épousa Xantippe. Si le
fait est vrai, l'humeur.emportée et violente de cette
femme remplit parfaitement les vues de Socrate. L'ora-
cle d'Apollon le déclara ,1e plus sage de tpusles Grecs j
et Socrate disait modestement au sujet d'une décision
si honorable : « Les autres hommes croient savoir quel-
» que chose : .pour moi j'avoue avec franchise que je ne
» sais rien; c'est sans doute par cette connaissance de
» ma propre faiblesse que j'ai mérité la distinction que
» l'oracle m'accorde ». Socrate était d'autant plus esti-
mable de posséder la sagesse, qu'elle n'était point en
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