Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche vingt-sixième. — Zénon; Statue antique de la.
Galerie du Muséum.

Zénon naquit à Citium , dans l'île de Chypre, et
s'adonna d'abord au commerce. Comme il revenait un
jour de la Phénicie , où il était allé acheter de la
pourpre, son vaisseau fut assailli par une tempête à la
hauteur d'Athènes, et relâcha au port de Pirée. Zénon
voulut mettre à profit cet événement, qu'il regarda
toute sa vie comme la source de son bonheur ; et se*
fixant à Athènes, il ne pensa plus qu'à se livrer à l'étude
de la sagesse. Il fut pendant dix ans disciple de Cratès
le cynique, et en employa dix autres à fréquenter les
écoles de Stilpon, de Xénocrates et de Polémon. Ce fut
alors qu'il se traç^une route nouvelle, et fonda la fa-
meuse secte des stei'ciens. On sait que ces philosophes,
les plus austères de tous ceux de l'antiquité, aspiraient»
une perfection à laquelle la faiblesse humaine peut diffi-
cilement atteindre. Ils ne croyaient point à une exis-
tence future, et avaient recours au suicide quand la
vie leur paraissait un fardeau insupportable. Zénon leur
avait inspiré cette fermeté. Une de ses maximes était
« Qu en pratiquant la vertu, on peut braver les coups de
v l'adversité, et être heureux, même au milieu des plus
»> affreux tourmens » .11 faisait consister le souverain
bien à vivre conformément aux lois de la nature, et à
suivre les conseils de la raison. Il reconnaissait un être
unique, qu'ilappelait Dieu et lame du monde. Ce Dieu
et le monde, qu'il considérait comme son corps, for-
maient , selon lui, un animal parf %it ; on peut conclure
de là que sa croyance était le matérialisme : aussi
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