Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche vingt-neuvième. —L'Ange Gardien; Tableau de
la Galerie du Muséum : par Dominique Feti.

L'Ange pose une main sûr l'épaule d'un jeune homme,
en signe de protection, et de l'autre main il lui montre
le ciel. Le démon tentateur s'éloigne avec colère, et
parait se précipiter dans un gouffre enflammé.

Ce sujet mystique est pensé avec justesse. Il y a
beaucoup d'expression et de vérité dans l'attitude
de chaque figure. On désirerait que celle de l'Ange
eût des formes plus idéales, et fût dessinée avec plus
de correction. Les traits du jeune homme sont trop
formés pour l'âge que l'artiste a voulu lui donner. Le
coloris est un peu noir, mais la distribution du clair-
obscur est bien entendue. Ce mérite, joint à la liberté
du pinceau, donne à l'ouvrage cet aspect original qui
caractérise les productions des bons maîtres.

Il est assez singulier que les auteurs italiens qui ont
écrit la Vie des Peintres aient négligé de donner des
détails sur le Feti. Quelle que soit la cause de ce silence,
il est certain que ce peintre méritait beaucoup mieux
leur attention que tant d'artistes médiocres dont Je
souvenir n'existe plus que dans leurs livres.

Dominique Feti naquit à R.ome en i58g. Le Civoli,
peintre florentin, lui enseigna les élémens de son art.
Il alla ensuite à Mantoue, où les beaux ouvrages de-
Jules Romain élevèrent son imagination et ennobli-
rent ses idées. Il se pénétra de la fierté des caractères
et des pensées profondes de ce grand maître, mais il ne
put jamais atteindre à sa correction.

Le Feti trouva dans le cardinal de Gonzague un pro-
tecteur éclairé. Ce seigneur, qui devint depuis duc de
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